25 octobre 2018 — DIVERSIONS ET VARIATIONS 1

J'envoie à l'impression Diversions et variations 1, une première archive mêlant des images issues de la collection que je constitue depuis plusieurs années via internet et des images que j'ai prises moi-même, avec un appareil photo ou un téléphone portable. Ces images constituent une partie de la matière première que j'utilise pour mon travail. Je décide de les imprimer pour pouvoir facilement les consulter quand je suis à l'atelier, les présenter aussi, sans la contrainte de l'ordinateur. Diversions et variations 1 est une sélection d'images sans thématique commune, à l'inverse d'autres archives en cours de préparation. Elle est téléchargeable sous format PDF (21Mo) via ce lien.

16 mai 2018 — LES CHAUSSURES

Je participe au montage de la nouvelle exposition de Marie A. dans la galerie au-dessus de mon atelier. Quelques jours après le vernissage, alors que Marie A. est en voyage aux USA avant de rentrer chez elle à Berlin, je découvre sa paire de chaussures de travail dans mon atelier, où nous stockons habituellement et temporairement les dernières choses qui traînent dans l'espace avant l'ouverture au public. Je m'inquiète de savoir si elles lui font défaut. Il semble que non.



21 février 2018 — FRAC CHAMPAGNE-ARDENNE — PLEIN JEU #1

En février 2018 je suis invité par Marie G. à participer à une exposition collective au FRAC Champagne-Ardenne en compagnie de Tom C., Gaëlle C., Rémy D., Manon H., Laura P., David P-K., Pablo R., Octave R-R. et Mükerrem T. Je présente plusieurs pièces:

Strike away from body

Une collection d'objets amassée au fil de mes déplacements et de mes rencontres est déployée au sol au sein d'une grille constituée d'allumettes de sûreté. Les cases font environ 40 x 40 cm, la grille est arpentable par les visiteurs et adaptée à l'espace qui la reçoit. Sans que cela soit explicité par les médiateurs, la manipulation des objets est possible, l'ajout d'objets aussi, sachant que je me réserve la décision de les conserver ou pas, suivant si j'estime qu'ils rentrent ou non dans l'esprit de la collection. La question du vol est aussi prise en compte dans le fonctionnement de la pièce.

Lors du vernissage le 14 février 2018, je parcours parfois la grille de Strike away from body pour remettre quelques objets et allumettes en place. Je réalise que quelqu'un a ajouté un objet. C'est un petit outil métallique que je prends d'abord pour une sorte d'instrument de mesure. Je décide de le laisser en place. J'en parle tout de suite à Tom C. et à Romain D., le chargé d'accueil du FRAC Champagne-Ardenne. Il reconnaît immédiatement l'objet qui se trouve être un cure-pipe.

ISAWDUST

Un fragment d'un sac de sciure (sciure se traduit par sawdust en anglais) est visible à travers une loupe articulée posée sur un socle en bois. J'ajoute le pronom I (je en français) devant sawdust pour transformer le mot en phrase, en jouant avec le passé simple du verbe to see (voir en français) qui est saw, dust ne voulant alors plus dire que poussière.

Un comble pour une tuile

La pièce est présentée au-dessus de l’entrée des espaces d’exposition du FRAC Champagne-Ardenne. J'utilise la technique du bardage avec des tuiles de bois propre à certaines régions d'Europe pour isoler et étanchéifier les bâtiments. Conçu pour être posé en extérieur, ce type de revêtement est traditionnellement fabriqué avec une essence de bois que l'on trouve en quantité dans la zone géographique du chantier. Pour ma part j'utilise des chutes de bois contreplaqué plus ou moins vieilles (ce qui explique les différences de teinte) trouvées dans les réserves du FRAC Champagne-Ardenne.

Depuis quelques mois je développe une sévère sensation de vertige quand je suis en haut d'une échelle, d'un escabeau ou ici d'une nacelle. Je profite de la pose des tuiles pour m'interroger sur l'apparition soudaine d'un tel mal et tenter de me concentrer sur autre chose.



Lancer du charbon

Les artistes ainsi que les membres de l'équipe du FRAC Champagne-Ardenne présents lors du montage de l'exposition Plein jeu #1 sont invités à lancer chacun 10 morceaux de charbon contre un mur de l'espace d'exposition. Ce geste est calqué sur une action effectuée seul dans mon atelier lors d'un moment de désœuvrement.



Antonin vit, Antonin vit encore et toujours il vit

Vidéo constituée d'une suite de plans enregistrés à l'aide d'une caméra de surveillance que j'installe dans mon atelier à Astérides à Marseille en 2017. Je casse un tube néon, je porte un poncho plastifié, je fais de l'exercice avec un bardeau de chêne, entre autres activités.

Lien vidéo Antonin vit, Antonin vit encore et toujours il vit

19 décembre 2017 — HOMESESSION — MEMENTO DE SUELO FLOTANTE



En décembre 2017 je présente l'exposition Memento de suelo flotante qui fait suite à ma résidence de deux mois à Homesession à Barcelone, en partenariat avec art3 Valence. Le vernissage a lieu le 15 décembre 2017.



Le sol flottant que je construis actuellement devient peu à peu un élément de l’espace architectural de Homesession, mon lieu de travail et de vie à Barcelone pendant deux mois. C’est une surface intérieure surélevée se trouvant en rez-de chaussée, directement sous la fenêtre de la chambre dans laquelle je dors. Elle est composée de carreaux de plâtre peints de 53 x 70 cm que je moule moi-même et repose sur des gobelets en plastique. Lors du tirage du premier prototype de carreau, brisé depuis, je fais une erreur de calcul et prépare trop de plâtre. Je le déverse à mains nues en un tas informe sur le sol alors qu’il est en train de durcir, sans rien en attendre de plus. Par une subite association d’idées cette forme me rappelle le moulage d’une sculpture, la tête d’une jeune femme dont je ne reconnais pas le visage. D’inspiration antique et disposée sur un socle en forme de colonne, je la croise de nuit, éclairée derrière la vitrine d’un magasin de salles de bains à Strasbourg. Cette image en appelle elle-même une autre, celle de La Dama de Elche, célèbre sculpture ibérique, que je découvre imprimée sur le packaging doré d’une pelote de fil vendue dans un bazar à Barcelone. Alors que je regarde un documentaire télévisé la concernant, un archéologue présente l’ébauche du buste d’un guerrier trouvée au pied d’une carrière, grossière sculpture inachevée jetée au rebus par le tailleur de pierre après la rupture d’une partie du bloc. La topographie de cette carrière proche d’Alicante me fait aussi penser à une photographie que je prends quelques années auparavant dans les environs de Marseille.

Memento: du latin memento qui signifie « souviens-toi ».
1. Agenda, carnet où l’on inscrit ce dont on veut se souvenir et où se trouvent des renseignements utiles.
2. Livre où sont résumées toutes les parties essentielles d’une question, d’une matière.
3. Prière du canon de la messe commençant par ce mot latin (le memento des vivants et le memento des morts).

Je fais un entretien vidéo en anglais juste avant mon vernissage. Je n'ai encore aucun recul sur ce que je présente et livre un flot de pensées dense et mouvant. De retour en France, quelques mois plus tard, je fais la transcription écrite de l'entretien. La présence de certains tics de langage me saute aux yeux. Je dis 29 fois like et 16 fois in fact en l'espace de 7 minutes. J'ai des tics de langage quand je parle français, qui évoluent d'ailleurs avec le temps, j'espérais naïvement les abandonner en passant d'une langue à une autre.

Je place des talonnettes à mémoire de forme dans mes chaussures pendant mon séjour à Barcelone. Je les enlève quelques minutes avant le vernissage et les dispose avec d'autres éléments.

Pour tester la capacité d'attention des visiteurs, de l'équipe et de moi-même, je dispose au sol dans un coin de l'espace d'exposition une petite structure composée de cubes de plâtre et de bâtons de craie. C'est un des premiers visiteurs qui la balaye du pied, l'incident arrive encore plus rapidement que selon mes prévisions les plus alarmistes.

11 décembre 2017 — HOMESESSION — LA DAME DE SIEHR

Je repense à la sculpture de Strasbourg et me pose pour la première fois la question de son achat. Le magasin est fermé lorsque je fais la vidéo devant la vitrine et je quitte Strasbourg le lendemain, je ne peux recueillir aucun renseignement la concernant. J'envoie donc un mail au magasin pour savoir si la tête est disponible à la vente ou si on peut me communiquer les coordonnées du fabricant. Je joins une image pour que mon interlocuteur saisisse précisement le sujet de ma demande. La réponse est implaccable:

Bonjour.
Après vérification dans notre salle d’exposition, nous n’avons pas cette tête en magasin. Cordiales salutations.
Nadine K.

Troublé et inquiet, je compose avec la traductrice Jimena D.S. une incantation en catalan, en espagnol, en anglais et en français qui tourne en boucle sur un écran pendant le reste de mon séjour à Homesession.



11 décembre 2017 — HOMESESSION — LE PLÂTRE

Je déplace plusieurs fois la forme en plâtre pour finalement l'installer devant la lucarne de ma chambre, sur un socle. Je prends dix plans photographiques rapprochés: Image 1 Image 2 Image 3 Image 4 Image 5 Image 6 Image 7 Image 8 Image 9 Image 10

6 décembre 2017 — HOMESESSION — L'ARGENT

Je suis en possession d'une pièce de monnaie inconnue que l'on m'a offert et qui ressemble à une pièce de deux euros. Le profil sur une des faces semble avoir été partiellement poncé. Mon frère Timothée H. est en train de faire le tour du monde, je le contacte pour savoir si il peut me renseigner.



3 décembre 2017 — HOMESESSION — LA COUTURE

Je profite de la résidence pour m'initier à la couture. Il y a un jardin botanique avec une section dédiée aux cactus proche de Homesession, je ramasse quelques aiguilles que j'utilise pour coudre.



29 novembre 2017 — HOMESESSION — LA CONFÉRENCE

Je donne une conférence à l'Université des beaux-arts de Barcelone. Nous convenons avec ma traductrice Jimena D.S. que j'explique mon travail en anglais et qu'elle traduit mes propos en espagnol. C'est pourtant vers le français qu'elle parle aussi que je reviens lors de courtes appartées, lorsque je sens que ma langue maternelle me fait défaut pour me faire précisement comprendre.



25 novembre 2017 — HOMESESSION — L'APPARITION

Je coule du plâtre avec l'aide d'une amie tard dans la soirée lorsque la lumière de l'atelier se coupe brusquement. Elle croit apercevoir quelque chose de mouvant dans l'obscurité. Je sors nerveusement mon téléphone portable pour éclairer l'espace et prend par accident une photo de sa main gantée.

18 mai 2017 — ASTÉRIDES — PATIO, PIÈCE DE VERDURE, DÉTENTE

Je participe à l'exposition collective des résidents Astérides Patio, pièce de verdure, détente à la Friche Belle de Mai en compagnie de Anne L.T., Linda S. et Emmanuel S. Je présente ma cabane que je descends pour l'occasion de mon atelier à l'espace d'exposition, une première version de la pièce Un comble pour une tuile, la vidéo Artist's Drive projetée sur une cimaise, la vidéo Huile de palme et sel de mer diffusée sur un écran, ainsi que divers éléments satellites, dont un sac et un stock de néons, une bâche et des chaussons en peau.

Lien vidéo Artist's Drive
Lien vidéo Huile de palme et sel de mer

28 mars 2017 — NOUVEAU DOCUMENT

Je contribue au premier opus de la collection nouveau document, au sein duquel je livre deux essais visuels, Marche improvisée à quatre jambes consacré à la figure de Enrique-Pichon Rivière, psychanalyste argentin d'origine suisse, et Mystérieux prestige nocturne consacré à la figure de Géza Róheim, ethnologue et psychanalyste américain d'origine hongroise. Chaque essai rassemble 15 images trouvées sur internet accompagnées de légendes. Prétexte, et sujet au rapprochement de deux cultures le temps de la conception d'un livre, l'université, les sciences humaines et la création contemporaine (design, art, typographie), nouveau document est l'aboutissement de plus de deux ans de travail et d’une collaboration unique entre une soixantaine de personnes issues d’horizons différents – universitaires, designers, chercheurs, artistes, traducteurs, praticiens, étudiants.

nouveaudocument.fr

23 mars 2017 — ASTÉRIDES — LA PLATEFORME

Je veux pouvoir changer la hauteur de mon point de vue sur l'environnement de mon atelier. Pour l'abaisser, il ne m'est pas compliqué de m'accroupir ou de me coucher. Pour la réhausser, je n'ai qu'une chaise à disposition sur laquelle je peux monter. Je fabrique donc une plateforme métallique à l'aide d'une carcasse de lit mezzanine, avec l'aide de mon père Michel H. qui m'apprend à cette occasion à souder. La plateforme est à une hauteur de 1m20 ce qui cumulé à ma taille me permet d'avoir un point de vue sur l'atelier d'une hauteur d'environ 3m.

11 février 2017 — ASTÉRIDES — LE RIDEAU

Je sépare la zone de stockage de l'atelier de celle où je travaille à l'aide d'un rideau constitué de lourdes bâches noires en PVC. Le rideau étant positionné entre la porte d'entrée et la zone de travail je perce des trous à hauteur d'œil avec une cigarette allumée pour que les éventuels visiteurs puissent m'épier sans me déranger dans mon travail.

29 janvier 2017 — ASTÉRIDES — LA CABANE

Je suis en résidence à Astérides à Marseille de janvier à juin 2017. Lorsque j'arrive dans l'atelier en plein hiver, le chauffage fonctionne mal et il y a un gros volume à chauffer. Cela ne pose pas de problème tant que je fais des activités physiques qui me tiennent réchauffé. Mais projetant également d'écrire, ce qui implique dans mon cas une situation assise et immobile pendant laquelle le corps peut rapidement se refroidir, je décide de fabriquer une cabane que je pourrais chauffer avec un chauffage d'appoint. Les parois sont faites en medium, le toit en lamelles d'acajou récupérées en démontant un store vénitien et les joints entre les plaques en cellulose mélangée avec de la colle à papier peint.




Crédits photo: Martin Argyroglo, Myriam Horquin, Aurélien Mole, Maxime Rizard, Olivier Thoué, Homesession, Universitat de Barcelona.